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mercredi 9 novembre 2016

Calendrier gourmand 2017




D'avance, je m'excuse. J'ai encore quelque chose à vous vendre, mais c'est ainsi que j'essaie de gagner ma vie à présent, alors j'espère que vous ne m'en voudrez pas de faire un peu de promotion. Après, je vous promets que je reviendrai à mes posts habituels — j'aimerais tellement vous raconter mon voyage en Algarve en juin dernier, ou mon voyage en Corse en septembre, vous parler de ma nouvelle vie, de mes nouveaux projets...

Donc, je vends un calendrier illustré pour 2017, un vrai calendrier imprimé, plus beau que ceux que je mets ici depuis quelques années. Pour tout savoir, c'est ici.

Merci !




Edit : La campagne de souscription est close, mais vous pouvez désormais trouver ce calendrier sur ma toute nouvelle boutique Etsy.














À la table d'une famille chinoise


http://www.editionsalternatives.com/site.php?type=P&id=1822

Alors voilà, j'ai écrit un livre.

Un jour de juillet 2012, alors que je m'apprêtais à exercer pour de bon le métier de mes rêves, à me plonger dans les assistants virtuels, les dictionnaires, les grammaires, les graphes syntaxiques et sémantiques et à prendre véritablement mon pied au milieu de tout ça, je fus contactée par les éditions Alternatives, qui étaient intéressées par mon travail d'illustration. Un rendez-vous fut fixé rapidement, où je parlai à Charlotte Gallimard de mon envie de recueillir les recettes de ma famille et de les illustrer moi-même. Ce projet de livre fut accepté immédiatement — oui, je mesure ma chance — mais mit plusieurs années à mûrir et à se concrétiser.

Ce n'est qu'en quittant mon poste de linguiste en mars dernier que je pus me mettre sérieusement au travail. Je m'y plongeai entièrement. Pendant des mois, les jours se suivirent et se ressemblèrent. Nuits blanches. Journées solitaires. La respiration quotidienne me fut apportée par la piscine du matin, suivie du café avec les copains, la "bande aquatique". Leur présence me donna du courage, de la force pour mener le projet à terme.


Et puis, le 27 octobre, le livre vit le jour. Enfin.


Aujourd'hui, je suis enfin libérée de cette angoisse de voir les recettes de ma famille se perdre avec la disparition de mes grands-parents d'abord, puis celle de mes parents, inéluctable.

Ce que mes grands-parents ont été, ce que mes parents sont, ce qu'ils nous ont donné de plus cher est dans ce livre. C'est mon trésor.


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Si vous avez des difficultés à le trouver, voici une liste (non exhaustive) des librairies qui l'ont en stock.

dimanche 1 mai 2016

Zeste, Le Tricycle et moi




Il y a quelque temps, j'ai rencontré une journaliste du magazine Zeste. Nous avons pris un thé chez Mûre et je lui ai raconté ma vie dans les grandes largeurs. Elle en a tiré la substantifique moëlle avec ce petit portrait paru dans le tout nouveau numéro de Zeste, où je suis merveilleusement entourée : vous pourrez y découvrir également les portraits de Natsuko Imai, Lucile Prache et Guillaume Long — qu'on ne présente plus. Et pour l'occasion, j'ai fait un dessin du brunch du Tricycle, que j'adore.

Merci Jill Cousin pour ce coup de projecteur !

Sur ce, je retourne à mes dessins, car j'ai un livre à boucler et je suis bien partie pour en baver comme en fin de thèse. Argh.

mardi 22 mars 2016

How can we hang on to a dream (le retour de l'intranquillité)



Combien de fois peut-on changer de vie dans une vie ?

Lorsque j'ai décroché le boulot de mes rêves en 2012 — vous vous en souvenez peut-être — je n'imaginais pas que cela prendrait fin à peine trois ans et demi plus tard... Finies les journées au bureau, les escapades du midi avec les copains, les pauses goûters debout dans la petite cuisine, finis les team meetings du lundi matin, les conf calls en allemand et en anglais, avec les collègues à l'autre bout du monde, les parties de rigolade et les conversations délirantes à travers l'open space. Finis le bruit de la balle de ping pong de la R&D et les cris des mouettes (?) autour de la place d'Estienne-d'Orves en milieu de journée. Le dernier jour, après avoir pleuré à chaudes larmes, foiré mon discours d'adieu (à cause des chaudes larmes), vidé mes tiroirs et rendu mon badge, je suis partie, laissant derrière moi les restes d'une période heureuse mais définitivement révolue. Le temps est venu de passer à autre chose.

Me voici donc à l'aube d'une nouvelle vie à inventer, à construire ; une vie à laquelle rien ne m'avait préparée — surtout pas mon expérience dans l'enseignement et la recherche, ni mes années de salariat. Mon petit cœur ne cesse de faire les montagnes russes, submergé, balloté par un tas d'émotions contraires, intenses et épuisantes.

Y arriverai-je ?

Ce que je sais, c'est que je voudrais consacrer cette nouvelle vie à dessiner, à manger plein de bonnes choses et à continuer à fréquenter les lieux que j'aime : Septime, Mûre, Hexagone, Nina, Abri, Le Tricycle, La Pointe du Grouin... tant que le porte-monnaie suivra (hum...).
Je ne suis pas certaine de vous avoir parlé de Nina, un trésor caché "au fin fond du 14e" selon certains — mais bon, ceux qui disent ça en faisant la moue ne connaissent clairement pas le quartier de Pernety...
Au fin fond du 14e, donc, il y a un type un peu fou, qui s'appelle Alexandre Morin et qui cuisine des trucs hyper bons. Il vous sert des assiettes colorées, savoureuses et hyper généreuses même quand il s'agit de petites portions (dans les fameuses formules "mosaïque"). On a beau lui dire que c'est un peu trop copieux, il n'en fait qu'à sa tête et continue à garnir ses plats comme un dingue. La pêche du jour me fait souvent penser à un poisson qui se serait perdu dans un potager tant l'assiette foisonne de légumes et d'herbes de toutes sortes — ce qui rend d'ailleurs le plat extrêmement difficile à dessiner.
L'intitulé des plats, en trois ingrédients, ne dit que très peu de choses sur ce que l'on va effectivement manger, il faut accepter la surprise, la découverte. Et une fois que vous connaissez le talent et la générosité d'Alexandre Morin, vous n'avez de cesse de retourner chez Nina. Pour nous, c'est dans quelques jours, et je trépigne d'impatience.

Nina
139, rue du Château
75014 Paris
09 83 01 88 40
M° Pernety
Ouvert du mardi au samedi, de 12h à 14h30 et de 19h30 à 22h30  

Bonus : après un bon déjeuner chez Nina, filez chez Hexagone Café, qui se trouve dans la même rue. Chung-Leng sait faire du bon café. Et son padawan Brian aussi. En plus, ils vous accueilleront avec le sourire.

mardi 9 février 2016

Gong hei fat choy 恭喜發財 !




Juste un passage éclair, avec quelques gâteaux chinois, pour vous souhaiter une belle année du Singe.

Je serai de retour ici dans quelques semaines et, si tout se passe bien, de façon plus assidue que ces derniers mois. Stay tuned!

samedi 31 octobre 2015

Les moments de suspension ne durent jamais assez longtemps (moussaka)




Les jours, les semaines, les mois passent. Et moi, je continue à lutter contre cette fuite du temps. Enfin, j'essaie.

Terrassée par une NCB au beau milieu de l'été, j'ai passé plusieurs semaines chez moi, en position horizontale — la seule position antalgique — et habillée certains jours d'un beau collier bleu marine avec une fermeture à scratch. Durant cette période de réclusion, le sommeil et la contemplation du plafond furent mes principales activités. Bien sûr, il fallut renoncer quelque temps à la brasse coulée du matin. C'est là que j'ai vraiment compris le sens de l'expression "prendre son mal en patience".
Je dois ma survie aux deux paires de mains bienfaisantes qui m'ont prodigué leurs soins tout le mois d'août et continuent de me réparer aujourd'hui, mais surtout surtout aux trois saisons de Orange Is The New Black. Tous les jours, c'était la fête quand le générique, chanté par Regina Spektor, démarrait. Sans Piper Chapman, Alex Vause, Crazy Eyes, Chang — qui faisait les mêmes bains de pieds que moi au même moment —, Taystee, Red, Pennsatucky et les autres pour me tenir compagnie, j'aurais mouru d'ennui et sombré dans l'alcool et la dépression.
Puis les vacances sont arrivées fin septembre, alors que j'allais mieux : dix jours en Corse, à marcher dans la forêt, dans des gorges au milieu de paysages sublimes, dix jours à me baigner dans les rivières glacées et la Méditerranée, à pique-niquer au bord de l'eau... Dix jours qui m'ont totalement régénérée.
Et le quotidien de reprendre son cours après cette parenthèse enchantée. Le travail, la piscine, les échappées gourmandes...
Un matin, après la piscine, je fus prise d'une fringale de tartine beurrée et décidai de prendre mon petit déjeuner au Télescope, où je savais qu'ils servaient des tartines. Je n'aurais pas pu mieux choisir : le pain, coupé en tranches épaisses et grillé, était bien croustillant à l'extérieur et moelleux à l'intérieur, le beurre salé et la confiture parfaits également — d'habitude, je me limite au beurre, mais là, la confiture s'est imposée d'elle-même — le tout accompagné d'un café crème de compétition. J'appris à ma grande surprise que le pain était fait maison depuis un stage de panification avec Thierry Delabre de Panadero Clandestino l'été dernier. Le résultat est franchement épatant.

Ces derniers mois, j'ai beaucoup cuisiné l'aubergine, en donburi ou à la Parmigiana comme d'habitude. Mais ma dernière obsession, la recette que j'ai faite et refaite à maintes reprises depuis septembre et dont je ne me lasse pas, c'est la moussaka, que j'aime avec de la viande d'agneau bien grillée et des pommes de terre en sus. Malheureusement, la saison des aubergines est finie.

Moussaka (avec lactose, viande et gluten, merci)
(inspirée de la recette de mon amie Marie, et un peu de celle-ci)


pour 4 personnes

2-3 aubergines, selon leur taille
500 g d'agneau haché
4-5 pommes de terre, selon leur taille
3-4 tomates concassées, fraîches ou en boîte
2 oignons émincés finement
4 gousses d'ail hachées
du fromage (gruyère, parmesan ou autre)
huile d'olive
sel, poivre
50 g de beurre doux
1/2 l de lait demi-écrémé
3 c.s. de farine

Préparer les aubergines
Préchauffer le four à 230 °C.
Couper les aubergines en tranches de 1 cm d'épaisseur dans le sens de la longueur.
Huiler légèrement une plaque de cuisson et y disposer les tranches.
À l'aide d'un pinceau, les badigeonner d'huile d'olive.
Enfourner pour 20 min de chaque côté, jusqu'à ce que les tranches soient grillées.

Préparer la sauce tomate
Dans une poêle, faire réduire les tomates et les gousses d'ail hachées dans un peu d'huile d'olive. Saler et poivrer en fin de cuisson.
Il faut que la sauce soit épaisse pour que la moussaka soit ferme.

Préparer le hachis
Faire dorer les oignons émincés et l'ail haché dans une poêle avec un peu d'huile d'olive.
Les retirer et y placer la viande d'agneau hachée. La faire cuire jusqu'à ce qu'elle soit bien grillée.
Remettre les oignons et les gousses d'ail en fin de cuisson.
Saler et poivrer. Égoutter (car c'est un peu gras).

Cuire les pommes de terre
Éplucher les pommes de terre et les faire cuire dans une casserole d'eau salée pendant une dizaine de minutes (il n'est pas nécessaire qu'elles soient complètement cuites).
Égoutter et couper en rondelles de 4-5 mm.

Préparer la béchamel
Dans une casserole, faire fondre le beurre à feu moyen et incorporer la farine en remuant constamment jusqu'à l'obtention d'une pâte homogène.
Hors du feu, ajouter progressivement le lait tout en fouettant et remettre sur le feu quelques minutes. Saler en fin de cuisson.
La béchamel ne doit pas être trop épaisse, car elle va épaissir pendant la cuisson au four.

Assemblage et cuisson finale
Dans un plat allant au four, faire des couches successives : aubergines, tomates, viande, pommes de terre.
Finir par une couche de béchamel et parsemer le tout de fromage râpé.
Enfourner à 180 °C pendant 45 minutes environ, jusqu'à ce que le dessus soit bien doré.


(photo moche, je sais, mais c'était super bon)

dimanche 26 juillet 2015

To unravel a torment you must begin somewhere (donburi d'aubergine fondante)




Bon, je voulais revenir écrire quelque chose ici au mois de mai, j'essayais de m'y mettre tant bien que mal, quand je ne dessinais pas mes repas et que je ne tombais pas de sommeil, mais le temps a passé, je n'ai pas mis à jour mon calendrier gourmand, j'ai tout laissé traîner et pof, nous voilà déjà fin juillet. Comment se fait-ce ?

Ça m'a pourtant tellement manqué.

Le travail m'a bien occupée — et épuisée — dernièrement. J'ai continué mon carnet, qui a donné lieu à ce papier dans le nouveau numéro de Fricote, et puis je suis partie prendre l'air en Islande, dans les Fjords de l'Ouest — j'en parlerai plus tard, promis.

À mon retour, j'ai retrouvé l'été tel que je le redoute chaque année. Chaud, lourd, pesant. Je devrais peut-être songer à prendre la poudre d'escampette en juillet-août comme tout le monde au lieu de me morfondre à Paris en regardant défiler les clichés d'apéros en bord de mer, de barbecues hautement salivants ou de randonnées dans des paysages idylliques sur Instagram — pour ma part, j'instagramme aussi à tout-va depuis quelques semaines, pffff, n'importe quoi... Le reste du temps, je pleure devant des films d'animation qui évoquent la nostalgie de l'enfance, je lis des livres qui me donnent envie de tout plaquer et d'aller faire des gâteaux dans un café au fin fond de l'Islande ou de la Suède comme Fanny, ou de parcourir le monde avec un sac à dos ; je chasse la morosité et les angoisses du moment en alignant les longueurs en brasse coulée à ma piscine préférée.
Pourquoi l'été me plombe-t-il tant ? Pourquoi ai-je tant envie de froid, de neige et de brume quand les autres sont tout heureux de pouvoir se dévêtir ENFIN ? De quelle anomalie génétique suis-je faite ? De quelle matière étrange ma chair est-elle faite ?

Au milieu de cette morosité estivale, je peux quand même compter sur Joël Thiébault pour continuer à nous régaler de ses merveilleux légumes. L'autre jour, je suis rentrée du marché avec deux cabas remplis de cœur de bœuf, ananas, green zebra, andine cornue, noire de Crimée, poivrons tequila, aubergines, courgettes jaunes, concombres, haricots verts, basilic... avec en tête mes recettes fétiches : ratatouille, salade de haricots verts à la coriandre, spaghetti à la tomate et au basilic, la super sauce tomate de Pim, les  aubergines à la Parmigiana de Gracianne, et puis ce donburi d'aubergine fondante que je fais inlassablement depuis 2009... Comme ça fait longtemps, je vous la remets.


Donburi d'aubergine fondante
(recette originale trouvée ici, et déjà faite )


pour 2 personnes

2 petites aubergines (ou une grosse aubergine)
2 œufs ultra frais (fermiers et/ou bio)
2 bols de riz (rond) cuit
2 lamelles de gingembre frais
2 c.s. de sauce soja (Kikkoman, par exemple)
4 c.s. de mirin
2 c.s. de fécule
huile neutre
graines de sésame blond

Préparer les œufs pochés :
[Méthode rapide pour les nuls] Casser chaque œuf dans un petit bol, couvrir d'eau et cuire au micro-ondes pendant 1 minute environ : d'abord 30 secondes, puis de nouveau 30 secondes. Il faut que le blanc soit juste pris. Si le blanc n'est pas pris, prolonger la cuisson de 10 secondes (normalement, on ne doit pas dépasser 1 min 10 au total). Réserver.

Peler les aubergines un trait sur deux pour faire des rayures.
Les couper en rondelles de 1 cm de largeur.
Mettre les rondelles dans un sac plastique, ajouter la fécule, fermer le sac et bien secouer afin que les rondelles soient entièrement enrobées de fécule.
Dans une poêle, faire chauffer de l'huile et bien cuire les rondelles d'aubergine des deux côtés.
Quand les rondelles sont dorées, les mettre sur du papier absorbant, et jeter l'huile en trop.

Dans la même poêle, faire chauffer le gingembre, ajouter la sauce soja et le mirin et faire réduire à feu moyen (attention à ne pas laisser brûler la sauce) (dans la recette originale, il faut remettre les rondelles d'aubergine dans la poêle pour les enrober de sauce, mais je trouve le résultat moins joli et moins bon).




Il reste aussi le plaisir des habitudes, des lieux devenus familiers (Mûre, La Pointe du Grouin, Abri, Coutume Instituutti, Septime, Nina, Hexagone Café, La Gambette à Pain...) où l'accueil, les sourires et les mots échangés rendent les visites encore plus réjouissantes et donnent sans cesse envie de revenir.

mardi 7 avril 2015

Table Ronde




Hmm... comment dire ? Je crois que j'ai été un peu ambitieuse en prenant mes bonnes résolutions en début d'année. Dessiner ses repas quotidiennement est une tâche qui requiert une constance et une discipline sans faille ; au moindre relâchement, on se retrouve rapidement submergé. En échange, chaque page qui prend forme est une récompense, et voir le carnet se remplir est une source de joie immense. J'ai enfin trouvé quel était le but ultime de mon passage sur terre : remplir des carnets entiers de dessins de bouffe.
Justement, il se trouve qu'une fille qui a travaillé dans mon restaurant doudou (Septime !) a aimé cette page de carnet et m'a demandé de lui faire une affiche pour son passage à Table Ronde ce mois-ci. Comme on ne peut rien lui refuser — demandez par exemple au Café Constant comment ils gèrent une cliente qui réclame des profiteroles à onze heures du soir quand il ne reste plus un seul petit chou —, j'ai séché la piscine, le club de lecture et mon lit, et j'ai commis ma toute première affiche.
Vous me connaissez, c'est du fait main, mais j'espère que ça vous donnera envie d'aller goûter la cuisine de Céline Pham — en fait, les dîners sont déjà (!) complets, mais si vous pouvez y aller pour déjeuner, n'hésitez pas ! Le bouillon phở bò à lui seul vaut le déplacement.

dimanche 22 février 2015

And of course she enjoyed life immensely




Kung Hei Fat Choi (恭喜發財) ! Je suis un peu en retard, certes. Mais je suis en retard pour tout en ce moment. Et pour cause, je m'applique à tenir mes bonnes résolutions pour l'année, qui peuvent se résumer en deux mots : DESSINER PLUS. La preuve en images.
Après l'échec de mon agenda 2012, qui n'avait été rempli que sur deux mois à peine — shame on me —, je retente cette année l'expérience de dessiner mes repas tous les jours. Et c'est du boulot, vous pouvez me croire ; je n'ai plus le temps pour rien d'autre. En plus, je dois rattraper le retard de janvier, car il m'a fallu plusieurs semaines pour mettre en route la machine, et entretemps j'ai perdu mes crayons de couleur — crayons chéris qu'on m'avait offerts —, un vrai drame. Le temps de réaliser qu'ils ne réapparaîtraient pas comme par enchantement, plusieurs jours ont passé, j'ai dû me résoudre à en racheter la mort dans l'âme — car si les crayons peuvent toujours se remplacer, les cadeaux sont perdus à jamais. Snif.


Bon sinon, je voulais vous parler depuis des lustres d'un truc trop bon, mais voilà, j'ai tellement tardé qu'il n'existe plus. Il s'agissait du muesli de chez Lockwood : du fromage blanc recouvert de plein de fruits colorés et appétissants — bien que pas de saison, contrairement à ce qui était écrit sur le menu —, saupoudré de muesli et arrosé d'un filet de sirop d'érable. Ça ressemblait à ça :


J'ai découvert ce muesli un matin de décembre, en compagnie d'une jeune Texane assistante d'anglais en Normandie — au départ, je voulais l'emmener chez Mûre, mais comme ça n'ouvrait qu'à 11h et qu'il était encore tôt, je me suis rabattue sur Lockwood —, et ce muesli était tellement renversant, tellement parfait que j'y ai pensé tout le temps pendant les semaines qui ont suivi. Mais je n'ai pu le savourer que trois fois avant qu'il ne fût remplacé courant février par un granola — très bon, certes, mais un peu moins que le muesli. Mes demandes répétées de rollback à l'ancienne version se sont soldées par un échec.
Après le deuil de mes crayons de couleur donc, celui du meilleur muesli de l'univers. Le sort s'acharne sur moi.
 

En voyant ces pages, on peut avoir l'impression que je petit-déjeune sans arrêt dehors, ce qui n'est pas vrai du tout sauf quand la piscine est fermée pour vidange, et dans ce cas, j'en profite pour faire la tournée de mes cafés préférés — et en découvrir de nouveaux (Holybelly, Smörgås). Et je crois que mon plus gros coup de cœur du moment, c'est le carrot cake et le jus de pomme verte de chez Coutume (Babylone et Instituutti) : le carrot cake a une texture parfaite, le glaçage au cream cheese est joliment posé et j'adore les petites paillettes de zeste de citron vert, c'est à la fois beau et délicieux ; quant au jus de pomme verte, je ne m'en remets toujours pas : on dirait du coulis de pomme verte, un truc dément que je pourrais avaler par litres entiers et qui va me sauver du sevrage du sorbet pomme verte de Grom entre avril et octobre.


À part ça, non contente d'admirer les illustrations de ce livre, j'ai testé la recette de brownies qui y figure, et j'ai eu tout un tas de compliments avec son lot de points d'exclamation. Si vous aimez les livres de recettes illustrés et que vous avez, accessoirement, un enfant, achetez-le, sérieusement.

http://www.librest.com/evenements/2-le-genre-urbain/du-monde-dans-ta-cuisine,2158-5.html?periode=mois&date_debut=2014-11-01&date_fin=2014-12-01&mois_debut=2014-11-01&mois_fin=2014-12-01&majLibPref=4