mercredi 24 juillet 2013

Jours de torpeur (des sandwiches, des aubergines et de quoi se rafraîchir)



Le matin, je me réveille en sueur, après une nuit passée à lutter contre la chaleur étouffante et les moustiques, qui se font des festins sur mes cuisses dodues et sucrées — visiblement, elles ont trouvé en moi leur caviar. Quand retrouverons-nous enfin des températures décentes ? J'aimerais tant pouvoir me planquer chez moi, au frais, pratiquer l'estivation comme les escargots et les coccinelles ; ces petites bêtes ont tout compris.
Ces temps-ci, j'aime bien sortir plus tôt pour prendre mon petit déjeuner dehors avant d'aller travailler, me poser quelque part, croquer dans un croissant, siroter un jus de fruit frais ou un lait chocolaté froid devant un livre ou un carnet à remplir — dire que je n'ai TOUJOURS PAS fini mon carnet d'Islande, presque deux mois après mon retour, non mais quelle nulle !
Et puis, le travail, puisque j'ai encore un travail — la vérité, c'est que la charrette est passée tout près et que je devrais être contente de continuer à bricoler des arbres de dépendance... mais pour combien de temps encore ? Mon rêve est en train de s'effriter petit à petit, et les questionnements existentiels de toujours refont surface. Qui suis-je ? Où vais-je ? Où cours-je ? 
Décidément, le nirvana aura été de courte durée. Désormais, il s'agit de profiter au maximum du Lafayette Gourmet, de Kooka Boora, des bentos délicieux de Ma Kitchen, des Pâtes Vivantes, et de toutes ces fabuleuses cantines dans et autour du 9ème. Il y a quelque temps, j'ai adoré le Midnight Cuban de chez Verjus, un sandwich garni d'une viande super juteuse et savoureuse, dégusté sur un banc des jardins du Palais Royal en compagnie de mes deux poteaux geeks — c'était tellement juteux que nous avons été deux à nous tacher, qui la robe, qui le pantalon. Mais la préparation de nos trois sandwiches ayant nécessité pas moins de 30 minutes, cela n'incite pas forcément à y retourner — en même temps, quand on découvre les sandwiches emballés comme des paquets cadeaux, on comprend pourquoi l'attente est si longue. Mais, hum... est-ce bien nécessaire ?
La semaine dernière, j'ai retrouvé ma chère Gracianne dans la rue du Nil, où nous avons partagé un sandwich au pulled pork et un Reuben (au pastrami), tous deux très bons. Alors que j'y suis allée les mains vides, elle m'a gentiment apporté son exemplaire de A Storm of Swords, que je me suis empressée de compulser une fois rentrée chez moi, à la recherche du chapitre du Red Wedding. Je ne m'explique pas l'obsession qui s'est emparée de moi. J'ai écumé le Wiki cet hiver, revu les trois saisons de Game of Thrones à la suite ces dernières semaines, j'ai eu la gorge nouée en voyant Ned Stark se faire décapiter une nouvelle fois, j'écoute en boucle The Rains of Castamere, et je ne comprends rien à cette passion dévorante, cette addiction sévère, car je n'ai jamais été attirée par le genre du medieval fantasy. Que m'arrive-t-il ??

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Le week-end dernier, je n'ai trouvé l'énergie de quitter mon canapé et mon ventilateur que pour :

1) attraper un paquet de chips John & John, les **MEILLEURES** jamais goûtées — surtout les N°4 —, avec un goût extra de pomme de terre, et qui feraient presque passer les Tyrells pour de la marchandise bas de gamme ; si je pouvais mettre la main sur des N°5, quel bonheur ce serait ;

2) cuisiner les aubergines à la Parmigiana comme Gracianne, qui est trop forte pour vous donner faim ;

Aubergines à la Parmigiana (recette trouvée chez Gracianne)


pour 3 personnes

2 aubergines
1 oignon
2 gousses d'ail
1 boîte de tomates concassées (ou des tomates fraîches pelées et concassées en saison)
1 c.c. de concentré de tomates (facultatif)
origan
basilic frais
1 feuille de laurier
2 piments oiseaux
1/4 de verre de vin blanc sec
2 boules de mozzarella
un peu de parmesan
huile d'olive
sel, poivre

Préchauffer le four à 250 °C (à ajuster selon les fours).
Couper les aubergines en tranches épaisses sur leur longueur.
Huiler légèrement une plaque de cuisson et y disposer les tranches.
Saler, poivrer et verser un filet d'huile d'olive sur chaque tranche.
Enfourner pour 20-30 minutes, jusqu'à ce que les tranches soient grillées.

Pendant ce temps, préparer la sauce tomate.
Faire revenir doucement l'oignon ciselé, jusqu'à transparence, dans un petit peu d'huile d'olive avec la feuille de laurier et les piments oiseaux.
Ajouter l'ail haché, laisser revenir 1 minute.
Ajouter un fond de vin blanc et laisser évaporer 1 minute.
Ôter les piments, ajouter les tomates concassées, et le concentré de tomates si besoin.
Saler, poivrer.
Parfumer d'origan et de basilic.
Couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant 30 minutes.

Égoutter la mozzarella et la couper en dés.
Baisser la température du four à 200 °C.

Huiler légèrement une grande plaque de cuisson.
Y verser un fond de sauce tomate.
Disposer les tranches d'aubergines.
Recouvrir chaque tranche de sauce tomate et parsemer de dés de mozzarella.
Râper du parmesan frais au-dessus et parsemer de basilic ciselé.
Enfourner pour 20-30 minutes.

Laisser tiédir un peu avant de servir.

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3) préparer une citronnade, en pensant avec nostalgie à la terrasse du Musée de la Vie Romantique, lieu paradisiaque où l'on pouvait siroter un grand verre de citronnade maison pour moins de 3 euros et qui abrite désormais une cafet' immonde : salades rachitiques, sandwiches en carton, aucune nourriture digne de ce nom n'y est proposée et tout est hors de prix. Quelle tristesse. Bref. J'avais envie d'essayer la recette publiée par Very Easy Kitchen, mais point de menthe dans ma cuisine. Le souvenir d'une citronnade à la vanille s'est imposé à moi, celle de Sugar Plum, servie avec une paille dans un pot de confiture recyclé, et délicieuse.

Citronnade à la vanille
(inspirée de la citronnade d'Alger trouvée chez Very Easy Kitchen, merci !)


pour un peu plus d'1 litre de citronnade

jus de 5 citrons (environ 30 cl)
1 litre d'eau fraîche (filtrée ou minérale)
3 c.s. de sucre vanillé (maison, c'est mieux)

Dans une grande carafe, verser le jus de citron filtré.
Ajouter le sucre et l'eau, bien mélanger.
Mettre au frais pendant quelques heures.
Déguster bien frais, avec des glaçons si vous en avez, mais ce n'est pas indispensable.


(Vous apercevez les grains de vanille qui flottent à la surface ?)

dimanche 14 juillet 2013

Aiguise ta sensibilité à la lumière et au vent, aux changements des saisons (Rosanjin)



C'était vendredi à l'heure du déjeuner. J'avais très envie de découvrir Rosanjin au Musée Guimet, intriguée par les affiches de l'exposition aperçues dans le métro. J'y suis allée avec F., ma collègue céramiste, qui était sans doute l'accompagnatrice idéale pour cette visite.

Nous avons eu toutes deux un moment d'extase face à l'œuvre magistrale de Rosanjin. Le côté brut de certains objets, la modernité de certaines formes, la finesse des ornements, la diversité des styles, la beauté des émaux, tout fut source d'émerveillement...

À la toute fin de l'exposition, impossible de ne pas avoir une furieuse envie de suhi à Ginza, d'un repas kaiseki au clair de lune ou au bord d'un étang de lotus...


Si, comme moi, vous ne supportez plus la chaleur, la foule qui se presse sur les terrasses et les pelouses parisiennes, si vous rêvez de fraîcheur, de tranquillité, de beauté, de sérénité... le sous-sol du Musée Guimet est actuellement l'endroit idéal.

mardi 9 juillet 2013

Dans la pesanteur de l'été



L'été est arrivé. Maintenant qu'il est là, je repense avec d'autant plus de nostalgie à l'Islande, à sa fraîcheur et à ses grands espaces. Paris me fatigue, la ville me fatigue. Jamais je n'aurais imaginé pouvoir affirmer cela, et pourtant.
Heureusement, les poteaux du bureau sont là, qui acceptent toujours avec enthousiasme les escapades gourmandes, que ce soit pour des "bibimbap" revisités, des sandwiches savamment composés ou des fars bretons exquis que l'on peut déguster sur un piano à queue, ou encore pour continuer la tournée des burgers. Hier midi, nous pique-niquions au parc Monceau, en écoutant L. nous jouer des airs brésiliens au cavaquinho.

L'été s'est donc installé. J'espère que le parc en face de la maison donnera beaucoup de framboises cette année et que le carnet de voyage, sur lequel j'avance par (tout) petits bouts depuis un mois, sera bientôt fini.

dimanche 9 juin 2013

Emotional landscapes (retour en Islande)



Ça a commencé (idéalement) avec un repas végétarien au Grænn Kostur, une adresse déjà testée et approuvée l'an dernier (merci Cerise !). Je me suis demandé comment ils arrivaient à faire des soupes aussi exquises. Celle-ci, une soupe carotte coriandre accompagnée de pain à l'épeautre et de houmous, devait être partagée, mais au bout de deux cuillerées, j'ai prévenu mon poulet : "Tu vas devoir en commander une autre, parce que je vais la finir".



Le lendemain matin, nous avons récupéré notre voiture de location, et c'était parti pour un tour de l'île, clockwise comme on le dit si bien en anglais.

À Vatnsdalshólar, il s'est allongé sur l'herbe sèche, pour faire une micro sieste, pendant que j'observais l'eau cristalline du lac et que je prenais des photos surexposées avec mon Fuji... euh, je veux dire "son" Fuji.


Les maisons en tourbe et au toit d'herbe ont continué à nous fasciner, et celles de la ferme de Glaumbær — tout comme celles de Keldur plus tard — n'y ont pas fait exception. J'ai seulement regretté la fermeture du petit salon de thé qui semblait plein de promesses.


Et puis, la surprise. Le premier cadeau de ce voyage. Dans le Skagafjörður, une immensité blanche tout autour de nous, un soleil éclatant, une aire de repos surplombant la baie, et le vent qui, par miracle, s'était arrêté de souffler. Le lieu et le moment parfaits pour un pique-nique de rêve. Nous avons déballé nos sacs de victuailles et pleinement savouré nos tartines de poivronnade et de crème de saumon en contemplant le paysage enneigé.
À la fin du repas, le vent nous fit signe qu'il était temps de reprendre la route.


Il y eut aussi cette journée près du lac Mývatn, une des plus belles du séjour. Une matinée de crapahutage dans la neige — une première fois pour accéder au cratère Viti, une seconde fois pour voir les chutes de Dettifoss —, suivie d'une longue baignade dans les eaux chaudes et laiteuses du Jarðböðin við Mývatn (Mývatn Nature Baths). Une heure et demie de luxe, calme et volupté, sans les hordes de touristes du Blue Lagoon.
Une fois requinqués, nous sommes partis à l'assaut de la colline de Námafjall, affrontant à nouveau le vent, celui qui vous fait face dans la montée et vous pousse vers le vide au moment de la descente. Dans la descente justement, sur cette pente raide, aride et caillouteuse, la peur m'a paralysée plus d'une fois — arrivée en bas, en voyant le panneau "Very difficult track", j'ai compris pourquoi. La récompense, ce fut ce dîner savoureux au Vogafjós Café, au bord du lac Mývatn, avec vue sur les moutons de la ferme d'un côté, et vue sur l'étable et les vaches (en train d'être traites) de l'autre. Nous avons adoré leur soupe d'agneau et de légumes, copieuse et succulente, le hverabrauð tartiné de Smjör, ainsi que la chair délicate de leur souris d'agneau. Le repas le plus réjouissant depuis celui du Grænn Kostur.



À mi-parcours, alors que nous faisions étape dans le nord-est, il y eut un imprévu.
Nous avions été accueillis à Borgarfjörður Eystri par un temps pluvieux, ce qui ne nous avait pas empêchés d'aller observer — avec joie et excitation — les macareux du coin. Mais durant la nuit, la pluie s'était transformée en neige, et l'unique route permettant de sortir du fjord était devenue impraticable. Il fallut se rendre à l'évidence et rebrousser chemin au bout de quelques kilomètres : les pneus d'été de notre Cruze ne faisaient pas le poids face à la route enneigée.
Nous avons donc passé une journée supplémentaire à Borgarfjörður Eystri en attendant que la tempête de neige cesse et que la route soit déblayée. Tout au long de la journée, notre hôte, M. Ásgeirsson, s'est montré ultra prévenant, nous informant régulièrement de la situation météo, nous emmenant voir les petits agneaux nouveau-nés à la ferme de son père — l'un d'entre eux a reçu un petit bisou de ma part —, nous concoctant un dîner avec du poisson-chat pêché par les pêcheurs du village et servi en portions très généreuses (il y eut du rab). Ajoutons à cela la beauté presque irréelle des montagnes environnantes nimbées dans leur brouillard, je n'ai finalement pas regretté ce contretemps.
Le lendemain matin, nous quittions Borgarfjörður Eystri sous un soleil éclatant. L'hiver avait de nouveau fait place à l'été.



Après la traversée des fjords de l'est, le sud est apparu dans un manteau de brume et de pluie. À Jökulsárlón, l'épais brouillard ambiant empêcha toute promenade en bateau, à notre grand regret. Mais le temps menaçant fut à l'origine d'une rencontre sympathique avec deux Américains — un père et son fils, étudiant en météorologie — qui nous ont pris en stop dans leur 4x4 alors que nous nous baladions du côté de Þakgil.
Nous avons adoré retrouver la plage de sable noir de Vík í Mýrdal, les falaises de Dyrhólaey et leurs macareux, les chutes grandioses de Gullfoss, dans un écrin cette fois marron et non vert... Et puis, on ne se lasse jamais de guetter les jaillissements du Strokkur.






De retour à Reykjavík, nous avons posé nos valises au Kex, un lieu fantastique que nous avions découvert l'été dernier grâce à Cerise (grande pourvoyeuse de bonnes adresses dans la capitale islandaise, merci encore !).
L'ultime journée du séjour s'est partagée entre pause café chez Kaffismiðja (encore une adresse de Cerise testée l'an dernier), flânerie au Kolaportið, le marché aux puces local avec orchestre et ambiance kaurismäkienne, discussion animée avec le barista en chef du Litli Bóndabærinn, hot dog et soupe de homard en guise de déjeuner, et concert surprise à Harpa, un lieu qui ne cesse de me fasciner.





Bon, et bien sûr, je me suis gavée de skyr à la myrtille et à la poire, et j'ai aussi fait une overdose de rúgbrauð, mais c'est tellement bon avec du Smjör.

Sur ce, je vous laisse, j'ai encore mon carnet de voyage à finir...

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Un grand merci à Cerise, à Nouk et à Griottes pour leurs conseils et adresses !

lundi 15 avril 2013

Dans le verre où tu te noies, tu vois des milliers d'éclats



L'autre matin, dans le métro, alors que je m'apprêtais à commencer ma lecture, je me suis rendu compte que j'avais oublié mon livre à la maison.
Catastrophe.
Au début, je n'ai pas su quoi faire, habituée que j'étais à bouquiner tout le temps du trajet. Je me suis trouvée bête, à chercher un point où fixer mon regard, à tripoter mon téléphone comme au moins la moitié des gens dans les transports en commun. Ces 30 minutes de manque mais surtout cette angoisse m'ont confirmé que j'avais retrouvé, après tant d'années d'absence, mon vrai moi. Celui qui aimerait passer sa vie à lire, et en position horizontale si possible — et accessoirement, manger et dormir. D'ailleurs, lire, manger et dormir constituent peu ou prou mes seules activités en dehors du travail — et encore, dormir reste contingent.
Je ne parle pas des moments où j'ai fait ma groupie, une fois au Casino de Paris où se produisait un certain Benjamin Biolay — oui, encore ! mais cette fois, je suis sortie du concert en fulminant car Négatif et Brandt Rhapsodie étaient passés à la trappe —, une autre fois en déjeunant avec un génial écrivain-designer-sculpteur qui n'aurait pas à rougir face à Marcel Proust tant ses phrases sont à rallonge — d'aucuns (= mon poulet) trouveront son style indigeste, mais personnellement, je le trouve très drôle. J'espère que mon petit cadeau lui a plu, même si j'ai choisi son opposé syntaxique et stylistique — j'ai visiblement des progrès à faire en matière de choix de cadeaux.

Ces derniers temps, les escapades gourmandes avec les collègues geeks se sont poursuivies avec le même enthousiasme et le même plaisir. Ma réputation de ventre sur pattes est faite, et je pense que rien ne pourra la changer désormais.
Pour ne rien arranger, je suis devenue en quelques semaines addict de Terroirs d'Avenir, que j'avais découvert dans sa version mini grâce à Estérelle il y a deux ans, et qui m'a permis tout récemment de me régaler en pattes de loup, en betteraves chioggia, en faux-filet super tendre — à défaut de côte de bœuf, car elle s'appelle "liste d'attente" — ou en petites soles exquises. Un soir, j'ai improvisé une assiette de filet de veau arrosé d'une crème légèrement poivrée et accompagné de choux de Bruxelles, de carottes et d'endives braisés et légèrement cramés (d'inspiration Septime), et ce fut certainement mon repas le plus réussi du mois de mars.
L'autre réussite récente est sans conteste le gâteau à la pistache que j'ai préparé pour un anniversaire et qui s'inspire d'un fondant aux pistaches et au chocolat vu chez Clea. Seulement, je l'ai réalisé avec la recette du cake à la pistache de Rose Bakery adapté par mon amie Claire. D'ailleurs, il faut que je vous laisse, car je dois en refaire un là tout de suite.

Gâteau pistache et chocolat (inspiré de ce gâteau)


Pour le gâteau à la pistache :
175 g de beurre doux
75 g de pâte de pistache
200 g de sucre blond de canne
zeste d'1 citron
2 c.c. d'extrait de vanille
4 œufs
175 g de poudre d'amande
25 g de poudre de pistache (Claire préconisait 100 g, mais j'ai testé avec 25 g et à mon avis, ça suffit — si vous n'en avez pas, remplacez-la par la même quantité de poudre d'amande, ça marche très bien aussi)
1/2 sachet de levure chimique
50 g de farine
une pincée de sel

Pour la ganache au chocolat noir :
165 g de chocolat noir
100 g de crème liquide

Sortir le beurre pour qu'il ramollisse.

Préchauffer le four à 180 °C.
Battre le beurre et le sucre jusqu'à ce que la consistance devienne crémeuse, puis incorporer la pâte de pistache.
Ajouter le zeste de citron et l'extrait de vanille.
Ajouter les œufs un à un, en mélangeant bien.
Ajouter la poudre d'amande et la poudre de pistache, la farine, la levure et la pincée de sel.
Verser la préparation sur une plaque de four tapissée de papier cuisson.
Enfourner pendant 15 minutes.

Laisser refroidir puis découper en 4 rectangles identiques.
Faire fondre le chocolat avec la crème liquide, mélanger.
Poser un rectangle sur un plat et le tartiner de ganache au chocolat.
Couvrir d'un deuxième carré et recommencer (attention, les carrés sont très très fragiles, donc à manipuler avec une extrême attention).
Sur le dernier rectangle, verser la ganache restante et recouvrir le gâteau.
Laisser reposer quelques heures au frais avant de déguster.

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Mais voilà, est-ce dû aux mélodies entêtantes de Mogwai, à ces revenants qui me hantent encore... La mélancolie, ma vieille amie, a refait surface. Et l'Islande me paraît encore si loin...

jeudi 28 février 2013

Hungry face (six ans après)



Où en étais-je restée ?
Je ne sais plus bien où j'en suis. J'ai l'impression de ne pas faire grand chose depuis quelque temps, hormis aller au restaurant, manger des burgers-frites (avec les collègues notamment) et acheter des oranges maltaises (est-ce une impression, ou bien sont-elles vraiment moins bonnes que l'an dernier ?).
Pour ce qui est des restaurants, je n'arrête pas. Par exemple, il y a quelques jours, je suis retournée chez Septime. Oui, encore ! Mais j'avais un événement très spécial à fêter avec mon poulet, et ce fut une vraie régalade. Nous avons eu le plaisir et le bonheur de retrouver les petits choux de Bruxelles dorés-cramés, le fameux jaune d'œuf basse température onctueux mais pas coulant, le merlu à la chair si délicate, la poulette à la fois tendre et croustillante. Aaah. Aaaaaaah. C'était si bon que j'aurais pu faire comme mon neveu de deux ans et demi, qui manifeste sa joie en agitant ses petits poings et en clamant "Mmmm ! T'est bon !", les yeux pétillants de gourmandise. Je crois que Septime est devenu mon nouveau restaurant doudou. Il me tarde de le faire découvrir à mes poteaux du club de lecture (la table est déjà réservée !).
Tout récemment, grâce à l'une d'entre eux justement, j'ai pu enfin goûter les crêpes et galettes du Breizh Café, dont Claire me rebattait les oreilles depuis au moins deux ans. Claire, comme je te comprends maintenant ! Tu aurais même dû insister encore plus ! Car ce fut une véritable révélation. Pour la première fois de ma vie, je me suis surprise à penser "mince, il y a trop de garniture, on ne sent plus la crêpe". À ce moment-là, j'ai compris — mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas — qu'une très bonne crêpe se suffisait à elle-même, qu'elle n'avait besoin de quasiment rien, si ce n'est un peu de beurre. Alors, j'en ai parlé autour de moi, j'en ai rêvé à nouveau, et j'ai bassiné mon poulet avec ça jusqu'à ce que je l'emmène à mon tour au Breizh Café. Et cette fois, la galette au beurre salé toute simple prise en entrée et la crêpe beurre-yuzu-cassonade — c'est-à-dire la version japonisante de la beurre-citron-sucre — m'ont confirmé cette découverte : leurs crêpes et galettes sont si bonnes qu'elles se passent presque de garniture. Franchement, vous avez souvent fait cette expérience-là ?

Ce que j'ai adoré ces derniers temps aussi, c'est regarder la neige tomber et faire patiemment son beau tapis blanc, et puis aussi les longues balades du samedi après-midi dans la froidure de cet hiver-qui-dure-qui-dure(-et-c'est-tant-mieux-car-voilà-un-VRAI-hiver). Je me souviens avoir craqué pour un bouquet d'anémones en sortant du Café Télescope un samedi après-midi, et de les avoir promenées au jardin des Tuileries puis à travers Paris avant de les mettre dans un vase. Quelle chouette journée.
Je garde un souvenir extra de ces soirées de janvier passées en compagnie de la staatsminister de choc Birgitte Nyborg, et qui m'ont presque donné envie d'apprendre le danois (je crois que l'un de mes mots préférés est "præcis", dans la bouche de Birgitte ou de son spin doctor Kasper Juul). J'avoue que ça me manque de ne plus entendre cette langue un peu chaque jour. Mais avant de me mettre au danois, je vais tâcher de retrouver ma méthode d'islandais rapportée de Reykjavík l'été dernier, car j'ai prévu de retourner manger du skyr à la myrtille et du rúgbrauð dans pas trop longtemps. Et cette fois-ci, je saurai qu'il ne faut pas ranger la clé de ma valise dans la poche de mon jean, surtout si j'ai prévu de me baigner dans une source chaude au milieu des montagnes.
En attendant, je cuisine peu mais quand même, je me suis enfin attaquée au monument que sont les fleischschnacka. Je les avais découverts chez Loukoum°°°, cuisinés par elle-même — vous vous en souvenez peut-être — et il m'aura fallu attendre trois ans avant d'oser m'y frotter.


Les Fleischschnacka de Loukoum°°° (recette trouvée ici)


pour au moins 4 personnes

Pour la pâte à nouilles :
150 g de farine
2 œufs
du sel
75 g de semoule fine de blé dur
un peu d'eau (un peu moins de 5 cl)

Pour la farce :
600 g de viande de pot-au-feu, ou de viande mijotée (pour ma part, de la rouelle de porc)
2 échalotes
1 noisette de beurre
1 poignée de feuilles de persil plat
1 œuf
25 g de chapelure
50 ml de bouillon du pot-au-feu (ou autre)

Pour la cuisson :
un peu d'huile (ou de beurre)
300 ml de bouillon du pot-au-feu (ou autre)
300 ml de vin blanc

(On considère que vous avez déjà préparé un pot-au-feu ou un plat de viande mijotée et que vous disposez de viande et de bouillon.
Si vous ne savez pas faire un pot-au-feu, vous pouvez aller voir chez Loukoum°°°, ici ou .)

Préparer la pâte à nouilles
Dans un grand bol, mélanger la farine, la semoule et le sel.
Ajouter les œufs, bien mélanger avec une cuillère en bois, puis ajouter un peu d'eau afin d'obtenir une pâte homogène (attention à ne pas mettre trop d'eau d'un coup).
Pétrir ensuite à la main et former une boule de pâte, la fariner un peu et l'emballer dans du papier film.
Laisser reposer à température ambiante.

Préparer la farce
Effilocher/hacher la viande.
Éplucher et émincer finement les échalotes.
Faire chauffer une noisette de beurre dans une poêle et y faire revenir les échalotes sans trop les faire brunir.
Ajouter la viande et rectifier l'assaisonnement en sel, poivre et muscade.
Laver le persil plat, en récupérer les feuilles, les ciseler finement, et les ajouter à la viande. Mélanger.
Ajouter dans la poêle un œuf, la chapelure et 50 ml de bouillon, et bien mélanger.
La farce est prête.

Réaliser les fleischschnacka
Fleurer le plan de travail, y déposer la boule de pâte, la fariner un peu et l'étaler au rouleau à pâtisserie en un rectangle de 30 cm x 30 cm.
Répartir la farce sur la pâte en laissant une marge de 2 cm environ sur les bords, et la tasser avec les mains.
Enrouler délicatement la pâte de manière à obtenir un long boudin. À la fin, mouiller un peu le bord de la pâte restante pour la faire adhérer au boudin.
Fariner le boudin (important !) et l'envelopper dans du papier film.
Réserver au frais jusqu'au moment du repas.

Cuisson des fleischschnacka (en 3 fournées)
Retirer les extrémités du boudin et couper d'épaisses tranches (environ 1,5 cm).
Faire chauffer un peu d'huile dans une grande poêle et y faire dorer les fleischschnacka (sur les deux faces).
Ajouter 100 ml de bouillon et 100 ml de vin blanc et laisser cuire 10 min à feu moyen en retournant les escargots à mi-cuisson.
À la fin de la cuisson, il ne restera quasiment plus de bouillon.
Recommencer avec les escargots restants (2 fois, normalement).

Déguster avec un de peu bouillon s'il vous en reste, ou de la salade.


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Janvier et février ont déjà apporté leur lot de surprises, de rebondissements, de tensions et d'émotions. 2013 ne sera pas une année tranquille, qu'on se le dise.

vendredi 25 janvier 2013

Remuer les souvenirs



L'autre soir, à la sortie du métro, mon coeur s'est soulevé de joie à la vue de la neige tourbillonnante. Ma dernière neige remontait à Vienne début décembre.
Ah, Vienne.
Je vais ENCORE vous bassiner avec Vienne. Il faut dire que j'aime remuer les souvenirs, c'est l'une de mes grandes spécialités. Fin septembre, peu après avoir décroché le boulot idéal, j'ai décidé qu'il était temps de retrouver l'hiver viennois — et sa rigueur impitoyable —, Diglas, le Fischerbräu, la voix des Wiener Linien, et tout ce que j'aime tant dans cette ville.
Cette fois, il n'y eut pas de programme pré-établi, juste l'envie et le plaisir d'être là, de déambuler à travers les rues, les marchés de Noël, de se poser dans les cafés, d'humer l'air ambiant. Un rhume carabiné s'invita à ce voyage, qui causa beaucoup de fatigue. Je me souviens de nuits fiévreuses, d'états seconds, de moments d'épuisement total... et d'une longue sieste sur un canapé dans les couloirs du KHM. Le dernier jour, je fus frappée d'agueusie : le pompon.
Mais au milieu de tout cela — et avant l'agueusie —, j'ai aimé retrouver le goût du Topfenstrudel chez Diglas, celui de la Wiener Schnitzel et des gebackene Mäuse du Fischerbräu, celui des Brötchen de Trzesniewski, ou encore le goût des Kartoffelpuffer du marché de Spittelberg — croustillantes et super grasses, mais aussi super réconfortantes. Enfin bon, vous savez déjà tout ça, vu que je radote sans arrêt.
Nous avons découvert, durant notre promenade au Naschmarkt, les petites pommes Weinler de Styrie, irrésistibles dans leur robe rose. Nous avons découvert également l'ambiance jazzy du dimanche après-midi au Fischerbräu : ce déjeuner tardif fut ponctué d'échanges avec nos voisins de table, une vieille dame amatrice de jazz et son ami. Voyant que j'avais commandé une Wiener Schnitzel, le monsieur m'a demandé si j'avais déjà goûté la Surschnitzel, ce à quoi j'ai répondu que j'ignorais de quoi il s'agissait. Il tenta alors une explication, que je compris vaguement, et encore aujourd'hui, je ne sais pas si j'ai vraiment raté un truc extra ou non. Par contre, j'ai bien compris et tendu l'oreille comme il faut au moment où elle lui a confié l'adresse de la meilleure Wiener Schnitzel selon elle, et il ne s'agit pas du Figlmüller — et là, je découvre à l'instant que le serveur sur la photo de la page d'accueil est un ancien de chez Diglas.
Je me souviendrai de la stupeur qui m'a frappée au moment où j'ai reconnu une de mes anciennes élèves (de l'année 1998-99 !) parmi les jeunes gens assis au café das möbel — je ne suis pas allée la voir, il faut croire que je ne remue pas de la même façon tous les souvenirs...
Et puis, c'était très émouvant de remonter dans la grande roue du Prater : je garderai en mémoire ce moment inondé de soleil, et surtout, je me souviendrai que cette fois-ci, je n'ai pas eu le vertige. En sortant de la cabine rouge, je me suis promis de voir enfin Le troisième homme. Il est plus que temps de combler cette lacune.












mercredi 2 janvier 2013

Puisqu'il a fallu passer à 2013



 










À vrai dire, je serais bien restée en 2012, si l'on m'en avait laissé le choix — ce fut si riche et si intense que j'ai fini l'année sur les rotules.

Je reviens très vite, promis, pour vous parler de strudel, de punsch, d'escalopes géantes, et sans doute aussi d'autres choses qui n'ont rien à voir.

En attendant, je vous souhaite, mes chers amis, une année 2013 aussi belle que 2012 l'a été pour moi — l'épuisement de décembre en moins.