En attendant de trouver les mots pour l'Irlande...
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mardi 12 août 2014
jeudi 28 février 2013
Hungry face (six ans après)
Où en étais-je restée ?
Je ne sais plus bien où j'en suis. J'ai l'impression de ne pas faire grand chose depuis quelque temps, hormis aller au restaurant, manger des burgers-frites (avec les collègues notamment) et acheter des oranges maltaises (est-ce une impression, ou bien sont-elles vraiment moins bonnes que l'an dernier ?).
Pour ce qui est des restaurants, je n'arrête pas. Par exemple, il y a quelques jours, je suis retournée chez Septime. Oui, encore ! Mais j'avais un événement très spécial à fêter avec mon poulet, et ce fut une vraie régalade. Nous avons eu le plaisir et le bonheur de retrouver les petits choux de Bruxelles dorés-cramés, le fameux jaune d'œuf basse température onctueux mais pas coulant, le merlu à la chair si délicate, la poulette à la fois tendre et croustillante. Aaah. Aaaaaaah. C'était si bon que j'aurais pu faire comme mon neveu de deux ans et demi, qui manifeste sa joie en agitant ses petits poings et en clamant "Mmmm ! T'est bon !", les yeux pétillants de gourmandise. Je crois que Septime est devenu mon nouveau restaurant doudou. Il me tarde de le faire découvrir à mes poteaux du club de lecture (la table est déjà réservée !).
Tout récemment, grâce à l'une d'entre eux justement, j'ai pu enfin goûter les crêpes et galettes du Breizh Café, dont Claire me rebattait les oreilles depuis au moins deux ans. Claire, comme je te comprends maintenant ! Tu aurais même dû insister encore plus ! Car ce fut une véritable révélation. Pour la première fois de ma vie, je me suis surprise à penser "mince, il y a trop de garniture, on ne sent plus la crêpe". À ce moment-là, j'ai compris — mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas — qu'une très bonne crêpe se suffisait à elle-même, qu'elle n'avait besoin de quasiment rien, si ce n'est un peu de beurre. Alors, j'en ai parlé autour de moi, j'en ai rêvé à nouveau, et j'ai bassiné mon poulet avec ça jusqu'à ce que je l'emmène à mon tour au Breizh Café. Et cette fois, la galette au beurre salé toute simple prise en entrée et la crêpe beurre-yuzu-cassonade — c'est-à-dire la version japonisante de la beurre-citron-sucre — m'ont confirmé cette découverte : leurs crêpes et galettes sont si bonnes qu'elles se passent presque de garniture. Franchement, vous avez souvent fait cette expérience-là ?
Ce que j'ai adoré ces derniers temps aussi, c'est regarder la neige tomber et faire patiemment son beau tapis blanc, et puis aussi les longues balades du samedi après-midi dans la froidure de cet hiver-qui-dure-qui-dure(-et-c'est-tant-mieux-car-voilà-un-VRAI-hiver). Je me souviens avoir craqué pour un bouquet d'anémones en sortant du Café Télescope un samedi après-midi, et de les avoir promenées au jardin des Tuileries puis à travers Paris avant de les mettre dans un vase. Quelle chouette journée.
Je garde un souvenir extra de ces soirées de janvier passées en compagnie de la staatsminister de choc Birgitte Nyborg, et qui m'ont presque donné envie d'apprendre le danois (je crois que l'un de mes mots préférés est "præcis", dans la bouche de Birgitte ou de son spin doctor Kasper Juul). J'avoue que ça me manque de ne plus entendre cette langue un peu chaque jour. Mais avant de me mettre au danois, je vais tâcher de retrouver ma méthode d'islandais rapportée de Reykjavík l'été dernier, car j'ai prévu de retourner manger du skyr à la myrtille et du rúgbrauð dans pas trop longtemps. Et cette fois-ci, je saurai qu'il ne faut pas ranger la clé de ma valise dans la poche de mon jean, surtout si j'ai prévu de me baigner dans une source chaude au milieu des montagnes.
En attendant, je cuisine peu mais quand même, je me suis enfin attaquée au monument que sont les fleischschnacka. Je les avais découverts chez Loukoum°°°, cuisinés par elle-même — vous vous en souvenez peut-être — et il m'aura fallu attendre trois ans avant d'oser m'y frotter.
Les Fleischschnacka de Loukoum°°° (recette trouvée ici)
pour au moins 4 personnes
Pour la pâte à nouilles :
150 g de farine
2 œufs
du sel
75 g de semoule fine de blé dur
un peu d'eau (un peu moins de 5 cl)
Pour la farce :
600 g de viande de pot-au-feu, ou de viande mijotée (pour ma part, de la rouelle de porc)
2 échalotes
1 noisette de beurre
1 poignée de feuilles de persil plat
1 œuf
25 g de chapelure
50 ml de bouillon du pot-au-feu (ou autre)
Pour la cuisson :
un peu d'huile (ou de beurre)
300 ml de bouillon du pot-au-feu (ou autre)
300 ml de vin blanc
(On considère que vous avez déjà préparé un pot-au-feu ou un plat de viande mijotée et que vous disposez de viande et de bouillon.
Si vous ne savez pas faire un pot-au-feu, vous pouvez aller voir chez Loukoum°°°, ici ou là.)
Préparer la pâte à nouilles
Dans un grand bol, mélanger la farine, la semoule et le sel.
Ajouter les œufs, bien mélanger avec une cuillère en bois, puis ajouter un peu d'eau afin d'obtenir une pâte homogène (attention à ne pas mettre trop d'eau d'un coup).
Pétrir ensuite à la main et former une boule de pâte, la fariner un peu et l'emballer dans du papier film.
Laisser reposer à température ambiante.
Préparer la farce
Effilocher/hacher la viande.
Éplucher et émincer finement les échalotes.
Faire chauffer une noisette de beurre dans une poêle et y faire revenir les échalotes sans trop les faire brunir.
Ajouter la viande et rectifier l'assaisonnement en sel, poivre et muscade.
Laver le persil plat, en récupérer les feuilles, les ciseler finement, et les ajouter à la viande. Mélanger.
Ajouter dans la poêle un œuf, la chapelure et 50 ml de bouillon, et bien mélanger.
La farce est prête.
Réaliser les fleischschnacka
Fleurer le plan de travail, y déposer la boule de pâte, la fariner un peu et l'étaler au rouleau à pâtisserie en un rectangle de 30 cm x 30 cm.
Répartir la farce sur la pâte en laissant une marge de 2 cm environ sur les bords, et la tasser avec les mains.
Enrouler délicatement la pâte de manière à obtenir un long boudin. À la fin, mouiller un peu le bord de la pâte restante pour la faire adhérer au boudin.
Fariner le boudin (important !) et l'envelopper dans du papier film.
Réserver au frais jusqu'au moment du repas.
Cuisson des fleischschnacka (en 3 fournées)
Retirer les extrémités du boudin et couper d'épaisses tranches (environ 1,5 cm).
Faire chauffer un peu d'huile dans une grande poêle et y faire dorer les fleischschnacka (sur les deux faces).
Ajouter 100 ml de bouillon et 100 ml de vin blanc et laisser cuire 10 min à feu moyen en retournant les escargots à mi-cuisson.
À la fin de la cuisson, il ne restera quasiment plus de bouillon.
Recommencer avec les escargots restants (2 fois, normalement).
Déguster avec un de peu bouillon s'il vous en reste, ou de la salade.
************
Janvier et février ont déjà apporté leur lot de surprises, de rebondissements, de tensions et d'émotions. 2013 ne sera pas une année tranquille, qu'on se le dise.
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lundi 10 décembre 2012
Dans le vent glacé (couronne salée au fromage et aux lardons)
Le matin, quand je sors de mon long trajet en métro, les aiguilles de Trinité m'indiquent invariablement que je suis en retard. Je hâte alors le pas, slalomant entre gens pressés et touristes nonchalants. Les longues journées de travail se suivent, et se ressemblent un peu. Une fois l'incroyable euphorie retombée, j'ai enfin retrouvé — rassurée — mon vrai moi, un peu mélancolique et très nostalgique.
Si j'en juge par les réflexions de Camille, j'ai actuellement des occupations de grand-mère, entre le club de lecture, où les derniers débats furent agrémentés de rillettes de sardines maison, de chips et de gougères soigneusement choisies pour l'apéritif, de plats cuisinés amoureusement et de gâteaux épatants — je n'ai cessé d'assommer mon entourage avec l'évocation de ce gâteau au chocolat que j'ai apporté, un gâteau très peu sucré, d'une finesse et d'une légèreté invraisemblables pour un gâteau au chocolat, et au pouvoir d'écœurement proche de zéro —, entre le club de lecture donc, et les séances de poterie, qui m'ont permis de fabriquer deux petits bols à matcha de A à Y — du tournage/modelage à l'émaillage — ainsi qu'une petite cuillère façon Caroline Gomez. Je ne veux pas balancer, mais Camille n'a eu aucun mal à me suivre dans ces activités du troisième âge — quelle ouverture d'esprit.
Parfois, il m'arrive d'enlever mon costume de mémé pour aller faire ma midinette dans des festivals rock. Est-il besoin de préciser pour quels beaux yeux je peux me déplacer un dimanche soir d'armistice, au lieu de boire une tisane bien au chaud sous un plaid à carreaux ?
Un des plus mémorables moments de novembre fut cette soirée chez Septime — encore ! oui, je sais. Je n'aime toujours pas les huîtres, ni le fenouil, mais la révélation de ce repas, hormis le doublon des Pyrénées, fut ces petits choux de Bruxelles caramélisés jusqu'au ratatinement, presque noirs, et que l'on savoure comme des bonbons. Ah, que j'ai hâte d'y retourner !
Au quotidien, je continue à me nourrir de lunchboxes, de soupes et de super sandwiches. Comme vous l'avez peut-être vu ici, il y a parfois dans mes lunchboxes un morceau de brioche au fromage et aux lardons, vraiment top pour accompagner des salades, des légumes ou une soupe. Je ne comprends pas comment je n'en ai pas parlé plus tôt alors que cela fait plus d'un an que j'ai adopté cette recette trouvée chez Loukoum°°°.
Couronne salée au fromage et aux lardons
(adaptée d'une recette de Fidji trouvée chez Loukoum°°°)
Pour la pâte :
15 g de levure fraîche
225 ml de lait demi écrémé (pas trop froid)
30 g de sucre
375 g de farine
7 g de sel fin
60 g de beurre ramolli
Pour la garniture :
200 g de fromage frais (ici : du Philadelphia)
100 g de lardons
un œuf
un peu de poivre du moulin
Délayer la levure dans le lait, ajouter le sucre. Réserver.
Mélanger la farine, le sel et le beurre. Mélanger puis pétrir longuement.
Façonner une boule de pâte, la mettre dans un saladier recouvert d'un film transparent.
Laisser lever. La pâte doit quasiment doubler de volume.
Sur un plan de travail fariné, étaler la pâte en un rectangle de 30 x 40 cm au moins.
Y tartiner le fromage frais, ajouter le fromage râpé et les lardons.
Rouler la pâte dans la longueur afin d'obtenir un rouleau.
Découper ensuite ce rouleau en deux dans le sens de la longueur.
On obtient deux boudins avec la garniture fromage-lardons qui sort un peu partout.
Tresser les deux boudins en gardant l'ouverture de chaque boudin vers le haut (technique en images ici).
Laisser lever au moins 1h à l'abri des courants d'air.
Préchauffer le four à 200 °C.
Battre l'œuf, le badigeonner sur la couronne, et ajouter un peu de poivre.
Cuire 30 à 40 minutes (si la couronne dore trop vite, la recouvrir de papier aluminium pendant la cuisson).
************
P. S. : Cette fois-ci, une recette mais pas de dessin. Je suis trop fatiguée — et paresseuse — pour tenir un crayon en ce moment. J'en viens même à me demander si j'aurai l'énergie de faire des Weihnachtskekse cette année... Mais la prochaine fois, je vous parlerai peut-être d'une parenthèse éclair à Vienne en ce début d'Avent — tellement éclair que je me demande si je ne l'ai pas rêvée...
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samedi 25 août 2012
Une vie nouvelle
Je n'ai pas vu le temps passer.
Après l'Islande, la vie a vite repris son cours. La piscine, les journées de travail sur le canapé avec l'ordinateur sur les genoux, les cafés, les séances de cinéma... Je suis allée manger des udon chez Sanukiya un nombre incalculable de fois, avec plein d'amis différents, j'ai raconté l'Islande sous toutes les coutures, passé des heures entières chez Kooka Boora. Puis un jour, après la réunion hebdomadaire traditionnelle et le repas à la cantine (une salle grandiose qui fait face à l'Opéra), il a fallu dire au revoir aux collègues, non sans un petit pincement au cœur.
Une page se tournait à nouveau.
Pour (re-)fêter cela, je me suis fait plaisir en retournant chez Septime. Ce fut, une fois de plus, un festin. Je ne trouve pas les mots tant la cuisine de Bertrand Grébaut touche au sublime. Prenez cette assiette de bonite, comment ne pas être ému devant tant de beauté et de délicatesse ? Comment ne pas l'être doublement quand ces saveurs s'accordent avec une telle harmonie ? Pour continuer à être éblouie encore et encore, je forme le vœu que Septime ait une belle et longue vie.
La mienne, de vie, a pris une nouvelle tournure le 1er août 2012. Munie d'un joli mug pour le thé, et un autre pour le café, de bonbons suisses au sureau, de digestives, de biscuits fourrés au chocolat et d'une boîte des meilleurs shortbreads qui soient, j'ai repris le chemin du travail, et pas n'importe lequel : celui dont j'ai toujours rêvé. Celui qui me permet de vivre d'une passion (la linguistique), dans un quartier adoré (j'ai encore du mal à réaliser que je peux aller au Lafayette Gourmet ou chez Landemaine TOUS les jours si je veux), et dans un environnement multilingue (je ne me remets pas du bonheur de pouvoir pratiquer deux langues étrangères TOUS les jours ; du moins en théorie, parce qu'en pratique, mon anglais est terriblement rouillé ; et mon allemand aussi, pour dire la vérité).
Pour respecter la coutume, il a fallu organiser un "pot d'arrivée" : l'occasion idéale d'apporter plein de gâteaux faits maison. L'occasion de valider définitivement ces brownies découverts chez David Lebovitz, et que je fais inlassablement depuis des mois. Il n'en est pas resté une miette (il y eut aussi des amaretti et une tarte aux abricots et aux amandes qui fut sans doute my best tart ever).
Après l'Islande, la vie a vite repris son cours. La piscine, les journées de travail sur le canapé avec l'ordinateur sur les genoux, les cafés, les séances de cinéma... Je suis allée manger des udon chez Sanukiya un nombre incalculable de fois, avec plein d'amis différents, j'ai raconté l'Islande sous toutes les coutures, passé des heures entières chez Kooka Boora. Puis un jour, après la réunion hebdomadaire traditionnelle et le repas à la cantine (une salle grandiose qui fait face à l'Opéra), il a fallu dire au revoir aux collègues, non sans un petit pincement au cœur.
Une page se tournait à nouveau.
Pour (re-)fêter cela, je me suis fait plaisir en retournant chez Septime. Ce fut, une fois de plus, un festin. Je ne trouve pas les mots tant la cuisine de Bertrand Grébaut touche au sublime. Prenez cette assiette de bonite, comment ne pas être ému devant tant de beauté et de délicatesse ? Comment ne pas l'être doublement quand ces saveurs s'accordent avec une telle harmonie ? Pour continuer à être éblouie encore et encore, je forme le vœu que Septime ait une belle et longue vie.
La mienne, de vie, a pris une nouvelle tournure le 1er août 2012. Munie d'un joli mug pour le thé, et un autre pour le café, de bonbons suisses au sureau, de digestives, de biscuits fourrés au chocolat et d'une boîte des meilleurs shortbreads qui soient, j'ai repris le chemin du travail, et pas n'importe lequel : celui dont j'ai toujours rêvé. Celui qui me permet de vivre d'une passion (la linguistique), dans un quartier adoré (j'ai encore du mal à réaliser que je peux aller au Lafayette Gourmet ou chez Landemaine TOUS les jours si je veux), et dans un environnement multilingue (je ne me remets pas du bonheur de pouvoir pratiquer deux langues étrangères TOUS les jours ; du moins en théorie, parce qu'en pratique, mon anglais est terriblement rouillé ; et mon allemand aussi, pour dire la vérité).
Pour respecter la coutume, il a fallu organiser un "pot d'arrivée" : l'occasion idéale d'apporter plein de gâteaux faits maison. L'occasion de valider définitivement ces brownies découverts chez David Lebovitz, et que je fais inlassablement depuis des mois. Il n'en est pas resté une miette (il y eut aussi des amaretti et une tarte aux abricots et aux amandes qui fut sans doute my best tart ever).
Brownies sans gluten de David Lebovitz (recette originale ici)
pour un moule rectangulaire de 20 x 30 cm
125 g de beurre doux
335 g de chocolat noir
160 g de sucre blond de canne
3 œufs
1,5 c.s. de cacao en poudre non sucré (style Van Houten)
45 g de maïzena
150 g de noix de pécan/noisettes/amandes concassées (facultatif, pas mis)
Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un grand saladier, faire fondre le chocolat et le beurre (bain-marie ou micro-ondes).
Pendant ce temps, tapisser un moule rectangulaire de papier cuisson.
Une fois le mélange beurre-chocolat fondu, ajouter le sucre et mélanger.
Ajouter les œufs un à un, en mélangeant bien entre chaque.
Ajouter le cacao et la maïzena (tamisés ou non) et — c'est là le point crucial de la recette — mélanger vigoureusement pendant au moins une minute : l'appareil, au départ granuleux, doit devenir lisse. N'hésitez pas à bien bien mélanger, car si vous sautez cette étape, vous obtiendrez des brownies qui s'effriteront — c'est ce qui m'est arrivé un jour où j'ai oublié cette consigne.
Verser l'appareil dans le moule et enfourner pendant 30 minutes environ. Une pointe de couteau doit ressortir quasi sèche.
Laisser refroidir et mettre au frais pendant plusieurs heures.
Sortir du frigo environ une heure avant dégustation.
Voilà comment l'oisiveté estivale, la mélancolie et les questionnements habituels ont laissé place à des journées plus que remplies (et harassantes). Je n'ai pas encore trouvé le temps de retourner au cinéma (le dernier film que j'ai vu, sur les conseils de Camille, c'est une histoire d'amour et d'attente interminable de l'être aimé, tourné dans un noir et blanc magnifique), mais de nouvelles habitudes s'installent : les longues séances de lecture durant les trajets quotidiens en métro, les innombrables visites au Pret A Manger de l'avenue de France, où les sandwiches et le personnel sont exquis (si vous aviez pu assister à la discussion que j'ai eue avec un serveur qui a vécu à Reykjavík et parle islandais), les soirées Downton Abbey (qui font suite aux cinq saisons de Mad Men, avalées en quelques mois), les apéros de Pata Negra, les soirées pique-niques burger-frites du Camion qui fume sur les marches de la BnF, face à la Seine (lors d'une de ces soirées, j'ai croisé avec joie une amie thésarde également amoureuse des bonnes choses).
Enfin voilà, une nouvelle vie commence.
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mardi 6 mars 2012
Mitt hjerte alltid vanker (souvenirs de la semaine passée)

Un œuf basse température, posé sur un lit d'épeautre, dans un bouillon d'héliantis. Suavité d'un jaune à la texture inédite, à peine pris, mais pas coulant. Clarté du bouillon. Fermeté de l'épeautre et croquant du sarrasin. Une merveille*.
Une queue de lotte, du chou-fleur à la mandoline, et en crème, et un pétale de moelle. Une association qui laisse dubitatif au premier abord, mais qui se révèle détonante, sublime. La sauce brune est un concentré de saveurs qui relie le tout*.
Une femme en quête de sa liberté, de son désir, de sa propre volonté. Ellida, une figure féminine comme seul Henrik Ibsen sait les inventer**.
Vous ai-je déjà avoué mon admiration et mon amour pour le personnage de Nora depuis un soir de 1997 ? Vous ai-je déjà dit à quel point, depuis mes vingt ans, les mots de Solveig qui constituent les dernières lignes de Peer Gynt me bouleversent ?
Depuis quelques jours, Ellida a rejoint le panthéon de mes héroïnes personnelles.
Solitude et détresse d'un homme qui a perdu le goût de vivre. Un feu follet, que l'on suit, le temps d'une journée de fin d'été, le temps d'une tournée d'adieu. Les parenthèses de douceur — la virée en vélo dans Oslo la nuit, dans les nuages d'un extincteur, la baignade matinale dans une piscine en plein air — n'y changeront rien. La vie s'arrêtera en ce matin du 31 août, à Oslo.
************
** J'ai frémi en reconnaissant le premier air chanté par Camille. Ma passion adolescente pour un certain groupe norvégien n'aura pas été totalement vaine...
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