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mercredi 4 mai 2011

Get me away from here, I'm dying (choses en vrac et fleur de lait... de soja)


15 mars 1991. Madame S., notre professeur de français et latin, nous emmenait voir un film adapté d'une pièce de W. Shakespeare au MK2 Odéon.
Alors que je redoutais le film en noir et blanc et en vers, poussiéreux et ennuyeux (quelle bêtise), j'eus mon premier choc cinématographique. Mince alors ! C'était tout sauf poussiéreux et ennuyeux ! Dès le prologue, récité avec fougue par Derek Jacobi, je fus captivée. D'ordinaire rétive aux films de guerre, fussent-ils médiévaux ou modernes, j'ai été tenue en haleine tout le long de ce film-là. Je me suis délectée des vers de Shakespeare, jouissant de cette langue si belle et de cet accent british irrésistible, j'ai pris parti et tremblé pour le jeune roi anglais, excusé sa dureté et son côté impitoyable... mais j'ai aussi été touchée par son inexpérience et sa maladresse quand il s'agit de faire la cour à une princesse (la scène finale avec la princesse Katharine est assez drôle). Mais contre toute attente — parce que les scènes de guerre ne sont vraiment pas ma tasse de thé —, c'est la bataille d'Azincourt, point culminant du film, qui m'a emportée. Juste avant le combat, Henry V exhorte ses troupes dans un élan lyrique, un enthousiasme et une émotion qui contrasteront avec la désolation du champ de bataille jonché de cadavres après le combat... Éblouissement total (j'avais tellement aimé le Non nobis et la musique de Patrick Doyle que je m'étais même acheté la bande originale du film en cassette audio).
Puis il y eut d'autres films divertissants (Much Ado About Nothing), drôles et foutraques (Peter's Friends — avec le désormais célébrissime Hugh Laurie —, In the Bleak Midwinter), mais aucun n'arriva au niveau de ce tout premier film. Et c'est à l'aune de mon adoration pour Henry V que l'on peut mesurer ma tristesse et ma déception à voir aujourd'hui Kenneth B. se compromettre dans des superproductions américaines vraiment désolantes.

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J'ai perdu.
J'ai cru qu'il était possible d'instaurer une ambiance plus agréable, plus chaleureuse au bureau en apportant régulièrement de petites douceurs... J'ai cru que cela délierait les langues et contribuerait à améliorer les relations entre collègues...
Mais quand les collègues vident les boîtes sans même dire merci pour la plupart (je ne parle évidemment pas de mes désormais deux copines, H. et M.), et que certaines trouvent à redire à la taille et la consistance des biscuits, je me prends ma naïveté et mon insondable stupidité en pleine poire.
De gâteaux, donc, il n'y aura plus. Je jette l'éponge.

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Une pâte à pizza (au levain) et des quenelles de pain ratées.

Des nouilles maison mais sans vie au Panda Jardin. J'aurais sans doute dû choisir autre chose que cette soupe de nouilles aux crevettes et boulettes de poisson, car beaucoup d'autres plats me faisaient envie... Peut-être faut-il leur laisser une seconde chance ?

Des niu rou mian au bouillon plus pimenté, moins subtil, aux Pâtes Vivantes de la Rive Gauche. Avec en prime des moustiques sous les tables... ou dans les toilettes ? (mes chevilles s'en souviennent encore)

Un long détour par le canal Saint Martin, dont je suis rentrée bredouille : il n'y avait plus de pain des amis. J'ai eu envie de pleurer à l'idée de passer le long week-end de Pâques sans mon pain adoré.*

Une cuisine-placard dans un minuscule appartement parisien qu'il est préférable d'oublier.

Des tacos un peu insipides, surmontés de morceaux de viande trop salée et d'une sauce tomate au goût de concentré (ces tacos-là étaient bien meilleurs). Les burritos s'en sortent mieux et remplissent à merveille leur fonction rassasiante.
Boire un verre en grignotant un bout à cette terrasse est certes agréable, mais le lieu n'est-il pas surestimé ?

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Ce que je retiendrai de ce mois d'avril mouvementé et riche en émotions :

Un banh mi dégusté sur un banc à l'ombre des arbres, en compagnie de M., ma nouvelle copine de miam. Ce jour-là, nous avons parlé de Vienne (où je vécus), de Stockholm (où elle vécut), de mon amour inconditionnel pour Paris, entre autres choses.

Quelques jours auparavant, une soirée délicieuse avec cette même copine de miam. Ines pour elle, Cheesy English pour moi. Puis Crema di Grom & Fior di latte pour toutes les deux. Plein de (fous) rires, et une longue discussion qui nous fit traverser tout le 5ème arrondissement à pied à la lueur des réverbères et nous amena jusque chez elle. Elle m'a montré un livre de recettes imprimé dont elle m'avait parlé, des peintures de sa mère...

Les discussions musicales, vestimentaires et gourmandes avec H., qui nourrit une passion pour les festivals rock, les barrettes à fleur et les pulls à coudières, Londres et ses Marks & Spencer, Glasgow et ses supers groupes de musique... et Colin Firth. Discussions interminables à la cantine qui nous font oublier le monde environnant...

J'aimerais vraiment les compter parmi mes amies.

Un bento nocturne et solitaire chez Juji-Ya, unique réconfort d'une journée de détresse et de colère noire. Les korokke firent chaud au ventre, et au coeur.

Une exquise tarte pomme-rhubarbe-fruits rouges savourée sur l'herbe des Tuileries au soleil couchant, après des zaru-udon et des tempura parfaits.

Et puis le merlu, les frites, les arbres en fleurs...

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Mai a débuté avec une glace au lait de soja, dont l'envie est née brusquement un soir de la semaine dernière. Comment et pourquoi, je ne saurais vous le dire...

"Fleur de lait" de soja
(adaptée de la recette de glace à la fleur de lait de David Lebovitz)


1/2 l de lait de soja maison
150 g de sucre blond de canne
25 g de maïzena
1 pincée de sel
250 g de crème végétale de soja

Verser le lait de soja dans une casserole, ajouter le sucre et la pincée de sel et chauffer légèrement.
Dans un bol à part, mélanger la crème de soja avec la maïzena en essayant de faire le minimum de grumeaux.
Verser dans la casserole et porter à ébullition en remuant constamment.
Dès que le mélange bout, baisser le feu au minimum et continuer à remuer 2 minutes, le temps que le mélange épaississe.
Passer le mélange à travers une passoire et laisser refroidir, puis mettre au frais pendant plusieurs heures.
Démarrer la sorbetière et y verser le mélange.
Une fois la glace prête, la faire prendre un peu plus au congélateur.


Les shortbreads au kurozato de Loukoum°°° accompagnent à merveille cette glace : leur petite pointe salée fait ressortir la douceur et la très discrète saveur du soja...

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* Les envies de pleurer ne manquent pas : une escapade en Bretagne est prévue pour bientôt, et je SAIS que je ne pourrai pas déjeuner chez O. Roellinger, le Coquillage affichant (déjà) complet... Immense déception.

Edit du 18 mai 2011 : Finalement, un coup de fil providentiel venant du Coquillage m'a annoncé qu'il y avait une table de libre pour la date demandée ! Plus de raison de pleurer !

lundi 17 janvier 2011

Les demoiselles, le garçon manqué et les petits pots de crème


Ce jour-là, je venais d'avaler un bol de kitsune udon slurpique à souhait au comptoir de Kunitoraya, et comme je n'avais plus à retourner au bureau, j'ai eu envie de revoir le rayon des vanilles aperçu chez Olivier Roellinger dix jours plus tôt.
Je ne l'ai pas vu tout de suite, il y avait un attroupement autour de la caisse. Mais quand je me suis retrouvée devant la vitrine où sont exposées les vanilles, une fois le groupe parti, j'ai vu qu'il était là, juste à côté.
Il m'a demandé si j'avais besoin d'un conseil. Je lui ai répondu que oui, il y a tellement de choix... Et puis, je ne connais rien à la vanille...
Après s'être enquis de ce que je voulais en faire ("De la pâtisserie ! Flans, crèmes brûlées, riz au lait, cannelés, etc"), il a commencé à me présenter une à une les différentes variétés de vanille ("Vous savez que le Mexique est le pays d'origine de la vanille ?"), leurs caractéristiques, leur parfum, leur utilisation... Telle vanille est parfaite pour les crèmes, telle autre pour le chocolat, telle autre pour les salades de fruits et les fruits pochés, telle autre pour le salé... Quand je lui avoue que j'ai récemment raté des poires pochées, il m'explique en détail comment faire pour les réussir... Il m'explique aussi les principes de l'utilisation de la vanille dans les plats salés... Je ne retiens pas la moitié de ce qu'il me dit tant je suis ébahie de voir Olivier Roellinger en personne faire le vendeur et me donner un cours particulier sur la vanille... Il ouvre plusieurs grands bocaux pour me faire sentir telle vanille au parfum de cacao, et telle autre au parfum de réglisse... Les minutes passent... Soudain, il s'arrête et me dit : "Vous savez, on a une cave à vanille ici, vous voulez la voir ?"
Et nous voilà partis dans l'étroit escalier qui mène au sous-sol de la boutique, dans la cave à vanille. Là, il ouvre chaque boîte, me montre les gousses charnues en s'émouvant de leur beauté, approche la boîte de mon visage pour que je puisse les sentir, il me décrit leur parfum, m'explique ce que l'on peut faire avec... Je n'en reviens pas de ce qu'il m'arrive.
Au milieu des "demoiselles", comme il les appelle affectueusement, il me présente un "garçon manqué", au parfum incroyable de cuir, et compare son odeur à celle de l'intérieur d'un sac à main de femme... Puis c'est au tour d'un autre grand cru, à utiliser dans des préparations froides, pour faire une glace à la vanille ou sublimer une crème fouettée... Aucun doute possible : c'est un homme véritablement passionné que j'ai devant moi.
Une fois de retour dans la boutique, je lui demande s'il peut m'aider à choisir quelques gousses de vanille, puisqu'il semble les connaître si bien... Je crois que je ne pourrais pas avoir meilleur conseiller.


Je quitte la boutique, à la fois ravie et stupéfaite qu'un chef réputé comme lui, sans doute très sollicité, ait consacré autant de temps (presque une demi-heure) à une simple anonyme, ni journaliste, ni blogueuse influente, ni célébrité ou quoi... juste pour un moment de dialogue et de partage. Je me demande si un autre à sa place aurait été aussi disponible...

J'avais beaucoup d'admiration et de respect pour cet homme ; cette rencontre a confirmé tout le bien que je pensais de lui. À sa disponibilité s'est ajoutée une gentillesse inouïe. Dès que mes perspectives professionnelles (et donc financières...) s'éclairciront un peu, bientôt j'espère, je serai très heureuse d'aller goûter sa cuisine à Cancale. J'ai hâte...
En attendant, j'ai voulu essayer les petits pots de vanille de son enfance, dont la recette figure sur des feuillets que la vendeuse m'a donnés. Et vous savez quoi ? C'est TRÈS prometteur.


Les petits pots de vanille de la maman d'Olivier Roellinger


pour 4 petits pots de yaourt

30 cl de lait (demi-écrémé, c'est très bien)
45 g de sucre (blond de canne)
3 (petits) jaunes d'œufs
1/2 gousse de vanille (de Madagascar fendue idéalement)

Porter le lait et la demi gousse de vanille à ébullition.
Mélanger au fouet les jaunes d'œufs et le sucre.
Verser dessus le lait bouillant tout en remuant.
Filtrer à la passoire fine (hum... pas fait), remplir aux 3/4 les pots de yaourt avec cette préparation et cuire au four en bain-marie* à 165 °C pendant 25 minutes environ (durée de cuisson non précisée dans la recette originale ; heureusement que la reine des petites crèmes est là :-)).
Laisser refroidir à température ambiante puis réserver au frais.

* Comment j'ai procédé pour le bain-marie : tapisser le fond d'un moule de deux couches de papier essuie-tout. Poser les pots dans le moule. Verser de l'eau bouillante dans le fond du moule et enfourner le tout.


Incroyablement douces et soyeuses, ces petites crèmes rappelleront "à chacun la caresse d'une mère". Ce sont ses mots à lui.

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Epices Roellinger
51, rue Sainte-Anne
75002 Paris
M° Pyramides
01 42 60 46 88

mardi 26 octobre 2010

Perfect day (recettes parfaites pour un samedi pluvieux d'automne)


La table était réservée depuis presque un mois.
Je suis arrivée peu après vingt heures, il était déjà là. Un an quasiment, que nous n'étions pas venus. J'étais heureuse de retrouver le lieu inchangé, la même atmosphère chaleureuse qu'avant (bon, la "femme à poêle" a disparu du mur depuis belle lurette, mais pour le reste, c'est toujours aussi chouette).
Avec la terrine de campagne qui nous fut servie pour patienter, je me suis fait deux tartines complètement jouissives et déraisonnables (je me suis dit qu'après tout, c'était jour de fête).
Les coquilles Saint-Jacques marinées avec leurs petits croûtons et leurs herbes étaient fraîches et parfumées ; le pavé de cabillaud cuit à la perfection, une chair nacrée, tendre, sublime ; les haricots de Paimpol à la tomate, une évidence.
Pour le dessert, impossible de ne pas choisir le riz au lait, servi dans une sorte de soupière avec une cuillère en bois plantée en son milieu : le principe est de piocher exactement ce qu'on veut et de se resservir autant de fois que cela nous plaît. Les minuscules grains de vanille sont perceptibles sous la dent, et le caramel accompagne à merveille ce dessert que d'habitude je préfère manger nature.


Évidemment, j'ai goûté à ses brochettes de thon mariné au saté et à son filet de rascasse (choisi en souvenir d'un plat adoré dans un restaurant de Biarritz), tous deux délicieux. Et le dessert au chocolat qui clôt chacun de ses repas à la Régalade, quenelle et gâteau moelleux au chocolat noir (accompagnés cette fois d'une crème anglaise au thé vanillé), est toujours aussi dément.

Un repas d'anniversaire sans une seule fausse note. La prochaine fois, pour que tout soit absolument parfait, il faudra juste penser à demander au moment de la réservation la "petite table près des cornichons", comme nous l'a conseillé une serveuse.

Si je suis aussi dithyrambique, c'est parce que la Régalade est mon restaurant préféré de la terre entière, mon restaurant doudou. Celui qui ne déçoit jamais, qui rend la vie plus douce et console de tout. Celui où l'on va les jours de fête et où l'on aimerait célébrer tous les moments heureux. On y goûte une cuisine simple, généreuse, qui met les produits en valeur, et va à l'essentiel.

La Régalade
49, avenue Jean Moulin
75014 Paris
M° Porte d'Orléans (ligne 4)
01 45 45 68 58 (réservation impérative !)
Ouvert du lundi au vendredi (sauf le lundi midi)


L'essentiel, ces temps-ci, est de ne pas se laisser décourager par la somme de travail nouveau à abattre, ne pas se laisser impressionner par tout ce qui est trop technique, et surtout, ne pas décevoir.
Le spectre de la lose me guette toujours... Dans quelques mois, il faudra rendre définitivement ce bureau et repartir à zéro. Ailleurs.
Ne croyez pas que cela puisse me gâcher ma saison préférée. Il en faudrait beaucoup plus.

Parmi les choses réjouissantes du moment, il y a les discussions électroniques qui ponctuent le quotidien. Il y a S., qui sait votre passion pour le flan et ne manquera pas de vous informer de l'arrivée d'un flan "boulanger" chez Jacques Génin ; E., qui est pleine de ressources et a toujours un bon restaurant à vous conseiller ; C., qui vous tient au courant des nouveautés BBesques et sait repérer la musique qui vous plaira (dernièrement : Agnes Obel et sa musique douce et élégante) ; et puis G., qui au détour d'une phrase anodine vous donne une furieuse envie de minestrone, et qui fait le meilleur des gâteaux aux pommes.


Les deux recettes peuvent se préparer en écoutant Philharmonics d'Agnes Obel. Ce n'est pas obligatoire et cela ne les rendra pas meilleures, mais comme il y a plein de choses à couper en petits morceaux, vous passerez un moment bien plus agréable avec elle.


Minestrone con pesto
(recette librement inspirée de celles de ces deux livres)


pour 4 à 6 personnes

4 poignées de haricots borlotti (ici : des coco rose)
100 g de poitrine fumée
1 oignon
3 carottes
2 branches de céleri
une bonne poignée de haricots verts (équeutés)
2 feuilles de laurier
2 courgettes
3 pommes de terre
2 tomates (ou à défaut des tomates en boîte)
un (petit) morceau de croûte de parmesan
4 -5 c.s. de pesto (maison, c'est mieux)
huile d'olive
sel et poivre
des pâtes courtes (ici : des mezzi tubetti rigati 65, merci Camille !)

La veille, faire tremper les haricots borlotti dans de l'eau tiède.
Le jour J, commencer par cuire les haricots borlotti dans une casserole d'eau frémissante pendant une heure.
Couper les carottes, le céleri, les haricots verts, l'oignon et la poitrine en tout petits morceaux (brunoise).
Chauffer un peu d'huile d'olive dans une marmite, y faire revenir la poitrine et les légumes coupés en morceaux.
Ajouter les haricots borlotti, recouvrir largement d'eau et porter à ébullition.
Laisser mijoter à feu moyen et à couvert pendant une demi-heure.
Pendant ce temps, couper les courgettes, les pommes de terre en petits morceaux.
Peler les tomates (avec un Zyliss, c'est parfait), les épépiner et les couper également en petits morceaux.
Au bout des 30 minutes de cuisson, ajouter les courgettes, les pommes de terre, les tomates, le laurier ainsi que la croûte de parmesan.
Ajouter de l'eau si nécessaire, saler, poivrer, couvrir et laisser cuire une demi-heure supplémentaire.
Faire cuire les pâtes à part.
Quand le minestrone est prêt, incorporer les pâtes et le pesto, et rectifier l'assaisonnement.

C'est très bon tout de suite, mais c'est encore meilleur réchauffé.


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Gâteau aux pommes de Gracianne (sa recette est ici)


7 c.s. de farine (ici : T65)
2 c.s. d'amandes en poudre (touche perso)
6 c.s. de cassonade
1 sachet de levure chimique
2 œufs
4 c.s. de lait
3 c.s. d'huile
1/4 c.c. de cannelle moulue
1/4 c.c. d'extrait de vanille liquide
3 pommes (initialement : 4)

70 g de beurre demi-sel fondu
1 œuf
4 c.s. de cassonade

Dans un saladier, mélanger les ingrédients secs : farine, amandes, cassonade, cannelle et levure.
Dans un autre saladier (plus petit), mélanger les ingrédients liquides : œufs, lait, huile et extrait de vanille.
Incorporer petit à petit le mélange liquide au mélange sec.
Préchauffer le four à 210 °C.
Peler les pommes, les couper en tranches fines et les incorporer à la pâte.
Verser le mélange dans un moule (pas trop grand) beurré ou tapissé de papier cuisson.
Enfourner pendant 20 minutes.
Dans un bol, mélanger le beurre fondu, l'oeuf et le sucre, et au bout des 20 minutes, sortir le moule et verser le mélange sur le dessus du gâteau.
Enfourner de nouveau pendant 15-20 minutes.
Le gâteau doit être bien doré et les bords caramélisés.

D'autres ont également succombé à ce magnifique gâteau, humide et fondant. Je les comprends : je l'ai déjà fait deux fois en moins d'une semaine. Merci Gracianne.

mercredi 22 septembre 2010

La dureté des faits ne les empêche point d'être* (je fais des tartes genre rustiques)


Je ne pourrai jamais vous raconter TOUT ce qu'il s'est passé depuis Biarritz.

Les polaroids farfelus de Bernhard et Anna Blume (ce nom ne vous dit rien ?) ; les portraits de famille en noir et blanc de Vladimir Mishoukov, intitulés "Famille du député de la Douma de la Ville de Moscou", "Famille du milicien" ou "Famille du mécanicien des photocopieuses", fascinants ; une lune éblouissante que l'on promène dans des paysages nocturnes, images d'une poésie incroyable.

Le retour au travail après un mois et demi d'absence.
Pour mieux supporter les longues journées de travail, les déjeuners solitaires une à deux fois par semaine, à la terrasse du Musée de la vie romantique (en compagnie des petites souris), aux Pâtes vivantes ou à Rose Bakery sont autant de moments de respiration indispensables. Vitaux.

Une tablette de chocolat "intellectuel" arrivée par la Poste. Un des meilleurs chocolats qu'il m'ait été donné de goûter : l'addiction vient dès le premier carré.
Du panforte bianco et du pan pepato également, qui ont fait un détour par l'Alsace avant d'arriver dans ma boîte aux lettres.
Merci les filles !

Un samedi, nous sommes partis déjeuner au parc des Buttes-Chaumont (j'ai choisi un duo de pavés de bœuf : le Salers s'avéra bien meilleur que le Charolais ; les pommes grenaille qui les accompagnaient étaient, quant à elles, irréprochables). Après quoi une sieste sur l'herbe s'imposa.
Puis, la balade qui suivit me rappela des souvenirs, et la gaufre au nut-nut fut engloutie très vite tandis que nous marchions le long du lac.



Dans le quartier des Pyrénées et de Ménilmontant, de véritables trésors se sont découverts à nous,

(là, je me suis souvenue d'une certaine Table nomade...)


(Merci à Audrey d'avoir parlé de ce coin de paradis secret. Allez voir son blog, qui est une vraie mine pour tous ceux qui veulent découvrir Paris autrement)




il y eut un thé à la menthe à la terrasse d'un très sympathique café de Ménilmontant,


et la journée s'acheva avec une glace gianduia-fior di latte chez Pozzetto (Grom étant décidément trop loin ce jour-là). Pas de cliché pour cause de mains occupées.

Le samedi suivant, nous avons continué notre exploration du nord est parisien autour du canal Saint-Martin. Je sais maintenant où je pourrai prendre un verre avec Loukoum°°° avant de la raccompagner à son train...







Ces derniers temps, il a fallu dissiper quelques malentendus et... réapprendre l'amitié. Pas si simple, mais il n'y a pas d'autre choix si l'on ne veut pas continuer à perdre ses amis un à un.

Enfin, pour célébrer l'arrivée du petit M. dans la famille, il y eut les tartes du dimanche, avec enfin trois générations autour de la table. J'ai hâte de devenir sa tatie gâteaux !


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Tarte aux prunes


Pour une tarte de 25 cm de diamètre environ

Pour la pâte à tarte :
250 g de farine T55 (ou 65)
150 g de beurre salé bien froid, coupé en lamelles
8-9 c.s. d'eau glacée

Pour la crème d'amandes (quantité pour 2 tartes) :
60 g de d'amandes en poudre
50 g de beurre mou
40 g de sucre blond de canne
1 œuf
1/2 c.c. d'arôme d'amande amère
1 c.c. de rhum blanc agricole
1 c.s. de crème fraîche (facultatif)

environ 400 g de prunes (= une quinzaine de prunes), coupées en quartiers


Préparer la pâte à tarte
Verser la farine dans un saladier et y ajouter le beurre coupé en lamelles.
Avec deux couteaux, mélanger la farine et le beurre jusqu'à l'obtention d'une poudre à l'aspect de semoule.
Ajouter l'eau par petites cuillerées, en continuant à mélanger au couteau. Arrêter quand la pâte commence à s'amasser en gros morceaux, au bout de 8-9 cuillerées.
Avec les deux mains, prendre la pâte et la serrer pour la compacter un peu.
L'envelopper dans du film étirable et la laisser reposer au frais au moins 1/2 heure.

Préparer la crème d'amande
Dans un grand bol, mélanger le beurre mou, le sucre et les amandes en poudre.
Incorporer l'œuf battu, l'arôme d'amande amère et le rhum, et mélanger.
(Pour finir, ajouter la crème fraîche.)

Montage et cuisson
Préchauffer le four à 190 °C.
Sortir la pâte du réfrigérateur, l'étaler sur un plan de travail fariné, sur 2 à 3 mm d'épaisseur. Découper un cercle de 25 cm de diamètre environ.
Poser le disque de pâte dans un moule à tarte.
Étaler la moitié (ou la totalité, c'est comme vous voulez) de la crème d'amande sur le disque de pâte en laissant plusieurs cm de marge sur les bords.
Disposer les quartiers de prunes sur la crème d'amande.
Rabattre les bords de pâte sur la tarte.
Enfourner la tarte environ 50 minutes à 190 °C.


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Tarte poire chocolat


Pour la pâte à tarte, voir plus haut.

Pour la crème d'amande au chocolat :
40 g d'amandes en poudre
50 g de beurre
40 de sucre blond de canne
2 c.s. de cacao en poudre non sucré
1 œuf
1/2 c.c. de vanille en poudre ou 1 c.c. d'extrait de vanille liquide

3 poires (mûres, mais pas trop), coupées en lamelles


Préparer la pâte à tarte (voir plus haut)

Préparer la garniture
Dans un grand bol, mélanger le beurre mou, le sucre, le cacao et les amandes en poudre.
Incorporer l'œuf battu, la vanille, et mélanger.

Montage et cuisson
On procède de la même façon que pour la tarte aux prunes :
Préchauffer le four à 190 °C.
Sortir la pâte du réfrigérateur, l'étaler sur un plan de travail fariné, sur 2 à 3 mm d'épaisseur. Découper un cercle.
Poser le disque de pâte dans un moule à tarte.
Étaler la crème d'amande au chocolat sur le disque de pâte en laissant plusieurs cm de marge sur les bords.
Disposer harmonieusement les morceaux de poires dessus.
Rabattre les bords de pâte sur la tarte.
Enfourner la tarte environ 50 minutes à 190 °C.


J'ai définitivement adopté cette pâte à tarte simplissime, dont la préparation ne salit pas les mains, et qui donne un résultat fabuleux. C'est la meilleure de toutes celles que j'ai testées jusqu'à présent, et je compte l'utiliser autant pour le salé que pour le sucré.


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Lors de mes promenades solitaires, je suis tombée un jour sur un endroit fantastique : Mes premiers pas, une boutique vendant des vêtements et accessoires pour enfants.


Les petites blouses et robes sont sublimes : coupes sobres, matières douces, couleurs pastels, imprimés fleuris (Liberty ?) délicats... Si ces vêtements existaient en version adulte, je me laisserais tenter sans hésitation.
La jeune femme qui tient cette boutique soutient et promeut des créatrices françaises encore méconnues, la démarche mérite d'être encouragée. Si vous avez des enfants et que vous les aimez bien habillés, je vous conseille d'y faire un tour ! Si vous n'en avez pas, vous pouvez aussi y faire un tour : vous y dénicherez de merveilleux cadeaux pour les petits de votre entourage. En ce qui me concerne, c'est le genre d'endroit qui me donne (presque) envie d'avoir des enfants, c'est vous dire.

Mes premiers pas (vêtements de créateurs pour enfants)
32, rue Saint-Paul
75004 Paris
M° Saint-Paul (ligne 1) ou Sully-Morland (ligne 7) (plus loin)
01 42 78 26 74
lun-mar : 10h-16h
mer-sam : 10h-19h




La prochaine fois, il faudra que je vous parle de ma nouvelle (grande) obsession : la cuisine coréenne. Ou bien de Buchteln. Ca ne va pas trop ensemble, alors il faudra que je fasse un choix.
Désolée pour ce billet très fourre-tout et décousu.

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* Citation aperçue à l'expo Anna et Bernhard Blume.